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Epidémie de rougeole

Point de situation au 12 avril 2012

On observe en Languedoc Roussillon une ré-ascension du nombre de cas déclarés d’octobre 2011 (semaine 41-2011) à début mars 2012 (semaine 09-2012). Le nombre de cas hebdomadaire oscillait entre 0 et 2 cas jusqu’en janvier 2012 pour atteindre désormais plus de 5 cas par semaine. La circulation du virus est permanente et diffuse sur l’ensemble de la région.

Le département le plus touché est celui des Pyrénées Orientales avec 21 cas déclarés depuis le 1er janvier 2012.

Point épidémiologique rougeole LR au 12 avril 2012 (pdf, 177 K)

Point sur l’épidémie au 21 avril 2011

Après un pic à 160 notifications de rougeole par semaine auprès de l’ARS fin mars 2011, on en compte environ 100 depuis début avril. Au total, ce sont 1337 cas qui ont été notifiés à l’ARS du 1er janvier au 21 avril, soit près de 5 fois plus que sur l’ensemble de l’année 2010. Parmi ces cas, plusieurs formes graves ont été signalées :

  • 2 encéphalites, dont 1 avec de graves séquelles neurologiques, chez un adolescent sans facteur de risque et non vacciné
  • 3 pneumonies virales, ayant conduit au décès en avril 2011 d’un jeune adulte non vacciné (personne porteuse de facteurs de risques et non immunisée).

Effectif des cas

Gard

Hérault

Pyrénées-
Orientales

Aude

Lozère

Total région

Incidence
pour 10 000
hab.

Référence : année 2010

79

85

113

0

0

277

11,1

Janvier 2011

52

38

6

0

4

100

4

Février 2011

124

131

54

13

17

339

13,6

Mars 2011

239

328

55

8

19

649

22

Avril 2011

(1ère quinzaine)

85

118

32

8

6

249

10

Total 2011 en cours

500

615

147

29

46

1337

39,5

 

Par ailleurs, un taux d’hospitalisation moyen de 29% a été observé en 2010 parmi les cas notifiés (diverses complications, dont atteintes pulmonaires, otites, troubles digestifs, surinfections bactériennes…)

C’est dans l’Hérault (46%) et le Gard (37%) que l’on recense le nombre de cas le plus important. De nombreux foyers ont été identifiés en collectivités, notamment en crèches, ainsi que des cas en milieu de soins (une vingtaine environ).

Parmi les cas de rougeole déclarés en 2010 pour lesquels le statut vaccinal a été documenté (carnet de santé ou de vaccination), 82 % n’étaient pas vaccinés et 13 % n’avaient reçu qu’une seule dose. Parmi les cas de personnes vaccinées à une dose, 22% était des adultes nés entre 1980 et 1991.

Enfin il est important de rappeler que :

  • la rougeole est l’une des 30 maladies à déclaration obligatoire et à signalement sans délai par les médecins et établissements de santé aux autorités de santé (ARS) afin de déclencher si besoin des enquêtes autour des cas et surveiller la propagation d’épidémies, afin de prendre les mesures nécessaires pour les endiguer
  • le nombre de cas de rougeole notifiés aux ARS n’est pas exhaustif : compte tenu du taux de sous-déclaration évalué de la maladie, les chiffres présentés plus haut sont à multiplier par 2 voire 3 afin d’obtenir une approximation du nombre réel de cas de rougeole en région.

L’Institut National de Veille Sanitaire (InVS) constate une circulation très active du virus en France depuis le deuxième semestre 2008 (600 cas). L’épidémie s’est intensifiée en 2009 (1 500 cas) et en 2010 (5 000 cas) et se poursuit avec vigueur en 2011 (plus de 3400 cas notifiés sur les deux premiers mois de l’année).

On parle d’épidémie car la propagation de la maladie est significative :

  • dans le temps (apparition en 2008, confirmation en 2009, flambée en 2010-2011)
  • dans l’espace (régions puis France entière)
  • en nombre de cas (x 2,5 entre 2008 et 2009 ; x 3 entre 2009 et 2010)

Si l’ensemble des régions métropolitaines est affecté, le Languedoc-Roussillon est particulièrement concerné avec 1337 cas notifiés entre le 1er janvier et le 21 avril 2011 (dont 29% d’hospitalisations).

Les personnes les plus concernées sont les très jeunes enfants (moins de 2 ans), les adolescents et les jeunes adultes. Des cas groupés surviennent également en crèches, en collectivités scolaires, parmi des étudiants, et des groupes de population peu ou non vaccinées. Des épisodes de transmission en milieu de soins sont également rapportés.

Ces foyers épidémiques sont la conséquence d’un niveau insuffisant et hétérogène de la couverture vaccinale, l’accumulation progressive de sujets non immunisés conduisant à des poches de sujets réceptifs au virus. 2 doses de vaccin pour tous jusqu’à 30 ans sont nécessaires pour stopper la diffusion de la maladie.

Vaccination rougeole : les recommandations

Enfants de 1 an : 1ère dose
Enfants de 13 à 24 mois :
2nde dose
Si incomplet (aucune ou 1 seule dose) rattrapage de 2 à 30 ans : jusqu'à 2 doses

En l’absence de traitement contre la maladie, le vaccin, qui existe depuis 1960, est la meilleure prévention contre la rougeole. Le vaccin « triple » contre la rougeole, la rubéole et les oreillons est recommandé en France depuis 1986. Il est très bien toléré, efficace et accessible à tous.

Deux injections sont nécessaires pour être protégé efficacement contre la rougeole. L’une à 12 mois (dès 9 mois pour l’entrée en collectivité) et l'autre entre 13 et 24 mois, en respectant un délai d’au moins un mois après la 2ème injection. Tous les enfants, à l’âge de 2 ans, devraient avoir reçu deux doses de vaccin contre la rougeole, les oreillons et la rubéole.

De plus la vaccination est recommandée en rattrapage chez les sujets de plus de 2 ans ou nés depuis 1980 qui ne seraient pas ou incomplètement vaccinés (0 ou 1 seule dose). La protection dure toute la vie chez la très grande majorité des personnes ayant reçu les 2 doses du vaccin.